L'histoire du film "The Missouri Breaks" situe son action dans les ravins du Missouri (en anglais: "Missouri breaks"), repère de tous les hors-la-loi du Montana, aux alentours de 1880. Fatigué d'être la cible de voleurs de chevaux, David Braxton (John McLiam), grand propriétaire de la région, engage le redoutable Robert E. Lee Clayton (Marlon Brando), un nouveau régulateur venu du Wyoming et qui est ni plus ni moins une sorte de mercenaire ou tueur à gages si vous préférez. Il lui confie la mission de retrouver Tom Logan (Jack Nicholson) et sa bande et de les mettre hors d'état de nuire. Logan, de son côté, achète, avec l'argent du hold-up d'un train, un ranch voisin de celui du richissime Braxton et entretiendra par la suite une relation affectueuse avec Jane Braxton (Kathleen Lloyd), la fille de son ennemi. Pendant ce temps, le régulateur Clayton observe longuement avec ses jumelles les amis de Logan. Pour chacun d'entre eux, il prépare une mise en scène pour les éliminer un à un, avec un sadisme parfois démesuré.
Cet insolite western réalisé en 1976 par Arthur Penn, auteur de seulement deux autres westerns en carrière, The Left-Handed Gun en 1958 et Little Big Man en 1970, passe avec une facilité déconcertante du comique absurde au plus pur tragique, devenant un fascinant plaisir à regarder. Le cinéaste fait de son film un face-à-face où la patience et l'attention sont de rigueur. Il donne à ses comédiens l'opportunité de développer leur talent fondé sur le thème de la dualité. D'ailleurs, Marlon Brando comme à son habitude, a réécrit son texte et a développé son personnage à sa façon... Parfumé à la lavande, fagoté comme un cow-boy de pacotille, on personnage névropathe, fantasque et mystérieux collectionne les chapeaux les plus excentriques qui soient, ne porte jamais d'arme, mais possède, attaché à la selle de son cheval, un fusil Creedmore en argent massif dont il a décoré la crosse en y peignant de petites fleurs. Brando, qui apparaît pour la première fois à la trente-sixième minute du film, vole littéralement la vedette à un Jack Nicholson complètement éclipsé par un Brando en pleine possession de ses moyens. Apportant par intermittence un contrepoint à ce traitement clownesque des protagonistes avec des séquences davantage sérieuses, psychologiques et sentimentales. Le cinéaste Arthur Penn, sur un scénario de Thomas McGuane, signe ici une œuvre bicéphale qui met en lumière les relations perverses des personnages, mais aussi leurs ambiguïtés intrinsèques.
La définition de l'image est passable et les couleurs sont fades et terriblement ternes. Le contraste n'est pas à la hauteur des standards des films d'aujourd'hui où les parties sombres ont une terrible insuffisance de luminosité et où les noirs manquent également de pureté et de profondeur. Nous voyons régulièrement des rayures et des parasites de tout acabit qui viennent danser sur l'image.
En ce qui touche la qualité sonore de ce western sadico-sarcastique, je peux vous dire que grosso-modo le dynamisme est dans la moyenne des productions de cette époque et qu'aucune restauration ne fut faite afin d'améliorer le produit. La musique de John Williams est une véritable jouissance pour nos oreilles. L'originalité de sa musique vient principalement de l'absence totale d'orchestre, remplacé ici par une formation instrumentale très proche de l'esprit des musiques de productions cinématographiques westerns traditionnelles: harmonica, violon, guitare, banjo, batterie avec percussions diverses sans oublier un clavecin électrique, une guitare basse et une harpe. Il s'agit en tout cas d'une introduction surprenante et quelque peu inhabituelle de la part de John Williams pour décrire une partition comme "The Missouri Breaks".
Bref, ce DVD est une valeur sûre malgré la faible qualité de l'image, du son et l'absence de supplément. Ce western qui revêt un certain classicisme demeure un film intéressant où deux monstres sacrés du cinéma s'affrontent. Un film à voir et à revoir!
| Film | 6 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 4 |