Once Upon A Time In The West
Special Collector's Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Sergio Leone
Année: 1968
Classification: 14A
Durée: 165 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 33
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
9 novembre 2003

Avec une distribution qui compte désormais bien plus de grands disparus que de vivants (Charles Bronson et Jack Elam (le plus célèbre acteur aux yeux "croches" parmi ceux dont on ne sait jamais le nom) étant les derniers partis en 2003), "Once Upon a Time in the West" demeure, 35 ans plus tard, l'un des westerns les plus connus et surtout les plus appréciés de l'après ère "John Wayne / John Ford". Cette "Special Collector's Edition" en format DVD permet d'avoir finalement cette référence du cinéma italo-américain dans une version que les amateurs devraient apprécier.

Quelque part dans l'Ouest américain, alors que naissent de nouvelles petites villes au bord de la tant convoitée voie ferrée, Jill McBain (Claudia Cardinale) arrive en ville afin de rejoindre son mari, Brett, un Irlandais à la chevelure rousse, et ses trois enfants, avec qui elle s'est mariée quelques semaines plus tôt à la Nouvelle-Orléans. Mais alors qu'elle découvrira la dure loi de l'Ouest, avec le massacre de sa nouvelle famille, elle se retrouvera mêlée à un chassé-croisé mortel entre trois hommes: Cheyenne (Jason Robards), Frank (Henry Fonda) et Harmonica (Charles Bronson). Au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire, on comprendra ce qui pousse ces hommes à se rechercher et à s'entretuer et aussi d'où viennent leur comportement ou leurs manies, le tout sur fond de conquête par le rail. Des histoires typiques comme l'Ouest savait si bien nous en servir et où la seule loi en vigueur était celle des pistolets.

Il faut tout d'abord savoir que ce film a subi un véritable effet yo-yo quant à sa durée. La version sortie en salle en Amérique par Paramount était tout d'abord de 140 minutes alors que le film en version internationale durait environ 160 minutes. Lors de sa diffusion à la télévision américaine, ABC diffusa une version de 165 minutes alors que le DVD sorti en Italie montrait une version de 171 minutes. Finalement, c'est la version dite "du réalisateur" que nous avons sur cette édition DVD et elle fait 165 minutes. Ce sont principalement les scènes de gros plans des visages avec des plans fixes pouvant durer plusieurs minutes qui étaient à l'origine coupées. Mais ces plans font partie de l'idée du réalisateur Sergio Leone et sont donc partie intégrante du film et de son scénario. En fait, il s'agit de l'un des films qui a subi le plus de "coupes" selon les pays et les distributeurs. À son origine, il durait trois heures trente minutes.

Les spectaculaires gros plans sur des visages burinés par le soleil brûlant du désert, mal rasés et suants (pour les hommes!) accompagnés par une fantastique musique d'Ennio Morricone, désormais célèbre avec ses airs d'harmonica, sont la signature immuable de cette œuvre sans précédent de Sergio Leone. Pour approfondir même cette interaction avec la musique, les quatre personnages principaux du film ont un thème musical qui leur est propre et qui se fait entendre selon la présence de tel ou tel héros à l'écran. Sans oublier des plans inoubliables, et surtout très inventifs, et un montage extraordinaire.

Anecdotes: les plus attentifs reconnaîtront très certainement le plan quand Jill arrive en ville, rentre dans la gare et se retrouve dans la rue: le même plan, en hommage à ce film, est utilisé par Robert Zemeckis dans Back To The Future III lorsque Marty arrive dans le Hill Valley du Far West. Il est effectivement pratiquement identique dans sa progression et sa perspective. La rumeur veut aussi que le trio Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee Van Cleef (qui étaient les vedettes du précédent film de Sergio Leone, The Good, The Bad and The Ugly) devait incarner les trois "cache poussière" du début du film. Mais en raison du refus de Eastwood, l'idée fut oubliée. Et tant qu'à parler du début du film, sachez que son générique, de près de 14 minutes, est l'un des plus long de l'histoire du cinéma (heureusement (ou malheureusement selon les points de vue), il est diffusé durant une séquence d'ouverture).

La qualité de l'image offerte sur cette double édition est tout bonnement parfaite. Quel plaisir de découvrir ce film avec d'aussi belles couleurs dans un format panoramique indispensable (que doit penser celui qui le voit en plein écran quand il y a des plans avec plusieurs personnages répartis sur toute la largeur?). On pourra regretter éventuellement quelques défauts dans la compression dans des scènes à fort contraste (extérieur filmé depuis l'intérieur). On appréciera aussi la nouvelle bande sonore en Dolby Digital 5.1 qui donne un environnement encore plus présent, même s'il s'agit d'un remixage qui utilise peu les haut-parleurs arrière. Les pistes originales, anglaise et française, en Dolby mono, manquent atrocement de puissance en comparaison. Les menus sont animés et interactifs, sur des images du film et au son de la merveilleuse et envoûtante musique.

La partie suppléments, entièrement sur le deuxième disque (sauf la piste de commentaires pleine durée), est très bien fournie et surtout possède des sous-titres en français et en anglais pour sa totalité. On y retrouve ainsi un documentaire de 2003, d'une durée totale d'environ 70 minutes, découpé en trois parties (An Opera Of Violence (un opéra de violence), The Wages of Sin (Le salaire du péché) et Something to Do With Death (Quelque chose à voir avec la mort)) où nous retrouvons deux acteurs encore parmi nous (Claudia Cardinale et Gabriele Ferzetti), l'auteur de la biographie de Leone, Sir Christopher Frayling, le directeur photo Tonino Delli Colli et aussi des réalisateurs tels que John Carpenter, John Milius, Alex Cox et Bernardo Bertolucci, ce dernier étant aussi l'un des scénaristes du film, avec Sergio Leone et Dario Argento. La première partie décrit chronologiquement la vie et l'œuvre de Leone jusqu'à l'histoire du tournage de "Once Upon a Time in The West". Nous avons même droit à des extraits d'entretiens d'archives avec Leone lui-même et Henry Fonda. La seconde partie aborde directement le tournage du film, principalement les extérieurs dans les plaines de l'Arizona et en Espagne. Enfin, la troisième partie s'arrête plus sur le scénario et surtout la musique. On y apprend, par exemple, que la musique avait été écrite avant le tournage et qu'elle était jouée sur le plateau. Le montage est si précis que dans certaines scènes, la musique est synchronisée avec les images. Ces trois documentaires forment un ensemble que les amateurs devraient trouver passionnant tellement ils renferment d'explications et de références cinématographiques sur les œuvres de Sergio Leone et sa façon de travailler. À noter que ce sont les mêmes personnes que l'on entend dans la piste de commentaires durant le film.

Puis un court documentaire sur la naissance du rail dans l'Ouest américain nous est proposé. À partir d'images du film et d'autres extraits tournés avec le documentaire précédent, on apprend comment la création d'une ligne de chemin de fer allant du Nebraska en Californie, à la fin du XIXe siècle, a développé considérablement l'industrie commerciale, mais aussi cinématographique. On poursuit avec deux galeries de photos. La première, moyennement intéressante, car souvent répétitive, nous montre des extérieurs lors du tournage et ce qu'ils sont de nos jours. La deuxième galerie quant à elle nous permet de voir une soixantaine de photos de tournage dont certaines inédites provenant d'une scène retirée au montage. On termine par la biographie de l'équipe et la bande-annonce originale.

Enfin une édition digne de la qualité de l'œuvre. S'il n'y a rien à redire sur la présentation du film, on pourrait regretter un manque de diversité dans les suppléments. Mais à la différence des productions actuelles, il ne doit pas exister beaucoup de matériel disponible sur ce film et son tournage. Nous nous contenterons alors fort bien du contenu de ces deux DVD. À ranger absolument dans la section des classiques du cinéma.


Cotes

Film10
Menu8
Suppléments9
Vidéo9
Audio7