L'histoire se déroule en 1882 dans l'Ouest américain. Quatre cow-boys; Boss Spearman (Robert Duvall), Charley Waite (Kevin Costner), Mose Harrison (Abraham Benrubi) et un jeune mexicain de seize ans surnommé Button (Diego Luna) dirigent ensemble leur bétail à travers les vastes prairies... Après un dur orage, leur chef, Boss Spearman, décide d'envoyer Mose à Harmonville afin d'acheter quelques vivres puisque la route sera longue... C'est là que les troubles vont commencer. Mose sera rudement battu et emprisonné par les hommes de Baxter, un riche propriétaire terrien... Devant l'absence prolongée de Mose, Spearman et Waite partiront à sa recherche et le trouveront en prison. Le Marshall (James Russo), un être véreux à la solde de Denton Baxter (Michael Gambon) acceptera sa libération, moyennant leur départ immédiat de leur territoire. Il sera aussitôt conduit chez le médecin du village.
À peine remis de ses blessures, Mose sera assassiné lors d'une embuscade et Button grièvement blessé. On le transporte chez le médecin absent cette fois-ci... c'est plutôt mademoiselle Sue Barlow (Annette Bening) qui prendra soin de lui. Charley a le béguin pour mademoiselle Barlow qui croit à tord que celle-ci est mariée avec le docteur, il apprendra plus tard qu'elle est sa sœur et non pas sa femme.
Le Boss et Charley décident de venger la mort de leur ami et affrontent armes à la main la bande à Baxter dans un tourbillonnement de feu et de sang!
"Open Range" est le western le plus admirable que j'ai vu depuis l'extraordinaire Unforgiven de Clint Eastwood en 1992. Kevin Costner, un amoureux des westerns, a fait un travail prodigieux en transposant avec une telle authenticité le monde des cow-boys de l'Ouest américain. Son œuvre fut réalisée avec minutie, faisant preuve d'une attention particulière pour les décors et les costumes, respectant avec exactitude le mode de vie de ces hommes et de ces femmes trop souvent exposés au cinéma de façon vague et censurée. Le scénario de Craig Storpe, tiré du roman The Open Range Men de Lauran Paine est exceptionnel, traité avec profondeur et transpose fidèlement ce qu'était réellement le monde de l'Ouest à cette période charnière des États-Unis.
La caméra de Costner est merveilleuse, captant des images devenant des mosaïques, de véritables toiles... peignant avec grâce et beauté la vie difficile dans ces vallées sauvages et redoutables, là où la loi du plus fort finit toujours par triompher. Les paysages bucoliques et majestueux, les plaines aux couleurs d'émeraude, les superbes pastel bleus, verts, roses qui habillent maisons et commerces donnent un cachet paisible, cachant du même coup la cruauté subtile qui pèse lourd sur les âmes qui habitent ce coin de pays.
La mise en scène est appliquée, nous ne sentons aucun détail lui échapper... Les plans de caméras de Kevin Costner ne sont pas exsangues du tout, ils sont plutôt très colorés et extrêmement vivants... La caméra bouge sans cesse afin de rien manquer de l'action et avec beaucoup de subtilité. Les combats aux revolvers et aux fusils sont magistralement bien orchestrés et d'un réalisme déconcertant. Malgré les tueries, l'hémoglobine ne coule pas exagérément à flot dans les rues de la ville. Le réalisateur préfère montrer ici la violence des duels plutôt que de tomber dans un voyeurisme sanguinaire inutile.
Kevin Costner prouve une fois de plus qu'il est aussi bien à l'aise derrière que devant la caméra, donnant toujours le meilleur de lui-même. Pour cette production, il a choisi également des comédiens de talent, dont Robert Duvall, récipiendaire de l'Oscar du meilleur acteur en 1984 pour le film Tender Mercies. Il joue avec grand art son personnage du Boss Spearman, étant à la fois attendrissant et dur, laissant parler ses émotions qui tantôt sont teintées de sagesse, tantôt d'un brin d'humour. La très séduisante Annette Bening joue avec volupté, générosité et abnégation.. Elle est touchante, vibrante et offre à cette aventure violente, un peu de baume et de douceur sur les plaies engendrées par la cupidité des hommes.
La définition générale de l'image de ce DVD est excellente en tous points, d'une stabilité des plus appréciable. Le rendu des couleurs est remarquable. Les teintes sombres et froides du film sont reproduites avec justesse. Elles sont constantes et parfaitement bien saturées. Le niveau des noirs est très bien ajusté, les parties denses offrent des dégradés généralement fluides et très détaillés. Un gros bravo à la superbe photographie de James Muro. La musique de Michael Kamen est tout simplement magnifique, elle supporte l'histoire à merveille. Les effets sonores, par moment incroyablement percutant de par l'agressivité qui s'en dégage, supportent avec brio les scènes d'intrigue et de violence. Les dialogues sont intelligibles en toutes circonstances et ne montrent jamais de signes de parasites ou de saturation. La bande sonore DTS 5.1 anglaise est tout simplement explosive! Les bruits ambiants des revolvers et des fusils ébranlent vos oreilles, nous avons parfois l'impression d'être projetés dans la bagarre, elle enveloppe littéralement le spectateur.. C'est l'un des aspects les plus jouissifs de ce DVD. La bande-son française est aussi excellente, mais ne se compare pas à celle de son homologue anglaise. Bref, un dynamisme sonore étonnant où les effets sonores sont utilisés copieusement, voir âprement durant les scènes d'actions. C'est à vous couper le souffle!
Voilà une édition des plus généreuse! Buena Vista a déployé d'immenses efforts pour réaliser des suppléments nombreux et diversifiés, le tout étant réparti sur le deuxième disque. Le premier segment, nommé "Beyond Open Range: Director's Journal", explique en détail tout le travail derrière la production. Nous voyons Kevin Costner faire des repérages en hélicoptère... La difficulté qu'il a eue à choisir les bons candidats dans l'obtention des rôles ou à rejeter certains autres... On le voit converser avec le scénariste et le caméraman... puis il montre la maquette de la ville d'Harmonville à Annette Bening... C'est la séance de répétition avec Robert Duvall, discutant de scène à tourner éventuellement... Il parle des petits problèmes de budgets et de la raison pour laquelle il a décidé de faire son film en Alberta au Canada, plutôt qu'au Montana aux États-Unis... il explique qu'avec un budget de 25 millions, les producteurs Kevin Costner, Jake Eberts et David Vales ont mis plus de 15 millions de dollars de leurs poches et que s'il n'avait pas tourné son film au Canada, il aurait perdu pas loin de 5 millions de dollars, ce qui est l'équivalant de quatre semaines de tournages qu'il aurait fallu oublier, ce qui est énorme pour un homme comme Kevin Costner qui aime prendre tout son temps pour faire ses films et qui veut en avoir pour son argent, étant donné qu'il investit lui-même de sa poche, etc.
Ensuite il y a le documentaire photographique de l'époque de la conquête de l'Ouest, nommé "America's Open Range", dont la narration est faite par Kevin Costner. Très intéressant et éducatif, ce documentaire nous aide à une meilleure compréhension des pionniers de cette époque. Cela est suivi de douze séquences qui furent enlevées au montage. Vous avez le choix de mettre ou pas les commentaires de Kevin Costner qui explique le pourquoi des coupures.
Dans "Storyboarding Open Range", David J. Negron Jr analyse pour nous les scénarimages qu'il a dessinés pour les séquences à tourner. Pour une meilleure explication visuelle, on peut voir sur notre écran une image séparée en deux à l'horizontal. Au bas de l'écran, il y a le dessin du concepteur et en haut la séquence filmée. Pour finir la liste des suppléments du second DVD, il y a une ravissante chanson ayant pour fond des images somptueuses du film et de l'arrière du décor de "Open Range".
La piste de commentaires de Kevin Costner est une véritable mine d'or pour les cinéphiles et les amateurs de ce réalisateur-acteur. Il apporte beaucoup d'éclairage et de compréhension au film, prenant soin de bien nous renseigner où l'on nous fait partager à travers des interviews, des anecdotes, documents d'archives, scènes du film et préparation des scènes.
En conclusion, amateur ou pas de western, vous serez ravi de la haute qualité de ce poignant drame humain, tant par la beauté grandiose de ses images, que par la superbe mise en scène et du merveilleux jeu des comédiens. "Open Range" place la barre très haute également au niveau des suppléments. Ce DVD est un incontournable dans votre vidéothèque.
| Film | 8 |
| Menu | 8 |
| Suppléments | 10 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |