Posse
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Kirk Douglas
Année: 1975
Classification: 14A
Durée: 92 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 11
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Daniel Cyr
12 juin 2004

En 1975, l'acteur Kirk Douglas réalise son deuxième et dernier film en carrière... "Posse". Un western où Douglas y traite de la milice et de ses ramifications politiques. Il personnifie un maréchal américain prénommé Howard Nightingale qui rêve de devenir sénateur du Texas. Ce représentant de l'ordre et de la loi, totalement corrompu, veut capturer vivant le hors-la-loi Jack Strawhorn (Bruce Dern), un pauvre pion sur un échiquier du pouvoir, afin de mousser sa candidature...

"Posse" séduit par son absence de prétention, par l'efficacité de sa réalisation et également par son originalité, puisque que l'histoire tourne autour d'émissaires de la loi qui sont plus abjects que les criminels qu'ils poursuivent. Kirk Douglas nous explique à travers son long-métrage que dans ce monde cupide rien n'est tout à fait blanc et qu'il subsiste un grand nombre de zones grises où la justice est souvent transgressée par l'appétit du pouvoir et de l'argent.

Le travail derrière la caméra de Douglas se construit autour des passions et des obsessions singulières habitant ses personnages. Le dialogue est parfois banal et de temps à autre le mélodrame n'est pas loin. Mais surtout en raison de ses décors, de ses prises de vue, de l'impétuosité dynamique du récit et de l'intensité des personnages, "Posse" sort des sentiers battus. La fin est d'ailleurs surprenante et inattendue, je dois avouer que je suis resté bouche bée.

Malgré que Kirk Douglas soit la vedette de son western, la véritable star de ce film est Bruce Dern. Pour l'une des rares fois en carrière, Douglas joue à l'économie et en dessous de son registre, peut-être était-il trop occupé par la direction d'acteurs et par les problèmes de production? La prestation de James Stacey est très touchante également puisque ce film était son premier véritable travail depuis son terrible accident de moto où il fut amputé de son bras et de sa jambe gauche.

Les scènes aux revolvers et aux fusils ressemblent étrangement au style de réalisation d'un Sam Peckinpah avec des séquences violentes et cruellement dégoûtantes, telle celle où les hommes de Nightingale tirent sur des hommes désarmés qui demandent à se rendre et qui malgré tout sont abattus lâchement, un par un.

En ce qui concerne l'image, la définition et la netteté sont d'un excellent niveau, les couleurs demeurent d'apparence naturelle en tout temps, et sans aucun excédent ou flottement chromatique. La brillance et le contraste sont adéquatement balancés et ne présentent aucune fluctuation. Les noirs sont solides et purs, tandis que les parties sombres sont bien dégradées. Soulignons l'excellente définition de ce transfert. Le contraste est très bon et l'image est très stable.

La séparation des canaux est optimale. Les dialogues sont impeccablement rendus et toujours intelligibles. La bande-son anglaise a été restaurée et numérisée en Dolby Digital 5.1. La dynamique est surprenante et doublée d'une présence substantielle de la trame sonore de Maurice Jarre, reconnu comme un pionnier dans l'utilisation d'instruments électroniques et traditionnels dans ses bandes originales de films.

La musique de Jarre est toujours énergique et vigoureuse et celle de "Posse" n'échappe pas à ces critères et avec son dynamisme coutumier, il nous livre ici une thématique envoûtante et puissante... Somme toute, une orchestration de qualité, avec une musique d'action excitante, malicieuse, sautillante, voir très enlevée et où les cuivres et les percussions sont inlassablement mis en évidence. L'ensemble de la partition tend à décrire les moments agités et violents du film. On y retrouve le style d'action unique du compositeur. Une chose est amusante à constater, c'est à propos du montage de la musique... on a souvent de longs passages sans musique et lorsqu'arrive une séquence agitée venant casser le rythme de la séquence précédente, la musique apparaît subitement et donne un effet beaucoup plus efficace et dynamique aux oreilles de l'auditeur/spectateur, un aspect caractéristique de la plupart des montages de bandes-son dans les films Hollywoodiens de ces années-là, surtout dans les grosses productions.

Bref, un western intéressant qui avait au départ beaucoup de potentiel et malgré l'originalité du sujet, Douglas ne l'a pas mené à bien, préférant se contenter d'une réalisation charmante et trop conventionnelle pour nous émouvoir. En conclusion, "Posse" est un film très ordinaire et particulièrement mal développé. Donc, gardez vos dollars puisque ce DVD n'en vaut vraiment pas la peine.


Cotes

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