Étant l'éditeur du site "Le coin du DVD", cela me permet le premier choix dans les revues de DVD, mais je distribue habituellement les DVD selon les spécialités de chacun des collaborateurs du site. C'est connu, notre grand spécialiste des westerns sur le site est Daniel Cyr et habituellement tout ce genre se retrouve de son côté. Mais lorsque la femme de l'éditeur met son "pied à terre" et dit "Celui là tu le gardes!", je n'ai pas bien le choix d'exécuter (ce que femme veut...). En plus, elle fredonne l'air de la série à chaque fois qu'elle voit le coffret... probablement pour me rappeler de le garder. C'est de cette façon que je me suis retrouvé à faire la revue du coffret "The Sergio Leone Anthology", un ensemble comprenant le DVD double existant de The Good, The Bad And The Ugly (revue de Daniel) en plus de nouvelles éditions double de "A Fistfull Of Dollars", "For a Few Dollars More" et "Duck, You Sucker" (aussi connu sous le nom "A Fistful of Dynamite" que les vrais fans détestent). Cela prouve que les "spaghettis westerns" sont populaires, même aux yeux de ceux qui n'aiment habituellement pas les westerns.
Le "spaghetti western" est un terme qui a été donné au genre de westerns qui a émergé au milieu des années 60, principalement des studios italiens (de là le nom!), habituellement en italien, avec un budget limité, scénario minimaliste et rempli de scènes violentes. Alors que le courant était en train de mourir, un réalisateur du nom de Sergio Leone, un acteur inconnu nommé Clint Eastwood et le compositeur Ennio Morricone ont réinventé le style qui va influencer bien des westerns à venir. Les trois sont rassemblés pour le temps d'une trilogie connue sous le nom de "Man With No Name" (l'homme sans nom... même s'il avait un nom différent dans chaque film!) ou tout simplement de la "trilogie du dollar".
Plagié du film japonais Yojimbo d'Akira Kurosawa (moins les sabres et le Japon), "A Fistfull Of Dollars" nous présente le personnage de Joe (Clint Eastwood) qui arrive dans la petite ville de San Miguel à la frontière mexicaine où deux familles rivales, les Baxter et les Rojo, sont en compétition pour le contrôle du crime dans les environs. Joe se fera engagé par les deux familles pour le même boulot. Ramón Rojo (Gian Maria Volontè) découvre le pot aux roses et il n'en prend que peu pour que Joe se retrouve face à une demi-douzaine de tueurs du clan Rojos. Dans "For a Few Dollars More", Manco (Clint Eastwood) fait équipe avec le colonel Douglas Mortimer (Lee Van Cleef), sans donner toute sa confiance à l'autre, afin de capturer le bandit notoire, voir psychopathe, El Indio (Gian Maria Volontè). Celui-ci va cambrioler la banque de El Paso, soi-disant imprenable, et ce, en plein jour!
"The Good, The Bad And The Ugly" est sans contredit le film le plus connu de Sergio Leone. Dans l'ouest du Texas durant la Guerre civile, Blondie (Clint Eastwood) sauve le criminel Tuco Ramirez (Eli Wallach) des mains d'opportuniste... devrais-je dire autres opportunistes, car c'est son but de récolter la récompense de sa capture. Après quelques changements de main de capteur/capturé, ils sont informés de la présence d'un trésor caché et forme une alliance avec le tueur Angel Eyes (Lee Van Cleef). Bien des séquences de ce film font croire que son histoire se passe avant les deux autres. Dans "Duck, You Sucker", le paysan mexicain Juan Miranda (Rod Steiger) se fait un devoir de punir les riches. Un jour, il rencontre le révolutionnaire irlandais John Mallory (James Coburn) et organise avec lui le vol de la banque de Mesa Verde. Il se rend compte que cette banque est en fait une prison politique et qu'ils ont aidé des rebelles à s'évader. Le gouvernement capture et torture le chef des rebelles et cela mène au meurtre des têtes rebelles et de la famille de Juan. John est au courant, mais garde cela pour lui.
Les titres de cette collection sont prêts pour le marché depuis longtemps, mais le changement de main de la compagnie a jeté les plans de sortie à l'eau. Juste avant la vente, MGM avait mis en marché un disque double de The Good, The Bad And The Ugly et s'apprêtait à faire de même avec les deux autres titres. Leurs droits de distribution furent remis à Sony et un an plus tard à 20th Century Fox. Ce dernier studio a déjà profité amplement des propriétés existantes de MGM et a décidé de sortir les deux autres films de la trilogie des tablettes et offrir un coffret aux amateurs du genre.
Pour ce qui est des suppléments de "The Good, The Bad And The Ugly" je vous réfère à la revue de 2004 de Daniel Cyr puisqu'il s'agit du même disque. Les trois autres titres du coffret semblent avoir été conçus en même temps, car leurs suppléments se ressemblent beaucoup plus. Il y a d'abord une piste de commentaires de Sir Christopher Frayling, le biographe de Leone, qui connaît très bien la matière de son sujet. En plus de parler de l'action du film, il a plein d'anecdotes et passion historique du cinéma western italien à nous transmettre. Les trois films ont aussi en commun la revuette "Location Comparisons" où Donald Bruce voyage aux endroits de tournage de chaque film pour comparer le film avec ce qui en reste aujourd'hui alors que les deux premiers titres ont la revuette "Tre Voici" où trois amis (Alberto Grimaldi, Sergio Donati et Mickey Knox) se remémorent les films et "A Few Weeks in Spain / Back For More" où Clint Eastwood fait de même.
"A Fistfull Of Dollars" nous propose en plus de cela la revuette "A New Kind of Hero" où Sir Frayling résume en un temps record la carrière de Leone et de l'industrie du film italienne. Ensuite, il y a la revuette "Not Ready for Prime Time" qui explique qu'un prologue a dû être tourné en 1977 pour donner une raison morale de la tuerie du film pour être présentable à la télévision de l'époque. Le réalisateur Monte Hellman se souvient de ce tournage et un mégafan du film, Howard Fridkin, avait fait un prêt à la banque de 15 000$ pour acheter un des premiers enregistreurs vidéo (Betamax) pour enregistrer le film et accidentellement ce prologue. Si ce n'était de ce fan, le prologue aurait été perdu pour toujours, ce qui rend extraordinaire de l'avoir sur ce DVD.
"For a Few Dollars More" propose quant à lui la revuette "A New Standard" avec de nouveau Sir Frayling nous explique le choix des acteurs et le déroulement du tournage du film. Ensuite, nous avons trois séquences qui ont été coupées à travers les différentes versions internationales du film. Les suppléments de "Duck, You Sucker" sont quelque peu différents des autres disques, mais se rejoignent tout de même au bout de la ligne. Sir Frayling nous parle du lien de la révolution du film avec celle des étudiants en 1968 à travers la revuette "The Myth of Revolution" ainsi que la maturité du film de Leone. À la façon d'Eastwood pour les deux premiers films, Sergio Donati parle de son expérience sur le film. John Kirk nous explique dans la revuette "Restoration Italian Style" les difficultés de restauration du film non par à cause de la qualité des négatifs, mais bien par les multiples versions qui existent. Justement, la revuette "Sorting Out the Versions" indique ces différences. La revuette "Once Upon a Time in Italy" est un peu en retard sur son horaire, car elle nous invite à visiter l'exposition Leone au Museum of American West du Autry National Center qui s'est terminé à la fin de 2005 (ce qui aurait été bien si le DVD avait vu le jour à sa date originale). Mis à part "The Good, The Bad And The Ugly", tous les films du coffret contiennent aussi des bandes-annonces radiophoniques et théâtrales.
Pour ce qui est du visuel des films, "A Fistfull Of Dollars" est le moins beau des films, probablement par la difficulté de retrouver des négatifs de qualité de ce film tourné quant même à très bas budget. "For a Few Dollars More" est certainement le mieux présenté de tous avec une restauration des plus complète. Cela dit, tous les films sont présentés dans leur éclat de jeunesse, presque sans artefact. Seul "The Good, The Bad And The Ugly" est présenté avec sa piste sonore originale italienne. Les autres offrent la piste monophonique anglaise présentée en sale en Amérique du Nord ainsi qu'une fausse piste Dolby Digital 5.1 simulée à partir des éléments mono. La différence est minime et principalement ressentie dans l'harmonica, les guitares électriques, la harpe juive, les cloches et autres éléments qui composent l'excellente musique de Morricone, une musique mémorable qui a influencé l'audio de tous les westerns qui ont suivi. Les menus principaux des DVD des films sont animés et accompagnés de musique de chacun des films. Tout le reste est statique.
Tous ces films sont disponibles en coffret ou individuellement, offrant chacun un petit livret de huit pages en encart. Le coffret quant à lui rassemble tous ces livrets en un seul. Nous y retrouvons des photos, des notes de production, la liste des suppléments et la liste des chapitres. L'emballage du coffret est beau, mais ne me plait guère à cause de la façon que les disques sont disposés. Les DVD sont placés deux par deux par plateau de sorte que nous devons retire le disque du film pour obtenir celui des suppléments. Il se déplie en cinq rabats sur votre table, moins long que celui du coffret Alien Quadrilogy, mais quand même. Le coffret est quand même la plus belle façon de découvrir la trilogie du dollar, en plus mature film de Leone en bonis.
| Film | 8 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7/9/8/8 |
| Audio | 7 |