"The Proud Ones" est un merveilleux western de la 20th Century Fox tourné du milieu des années cinquante. Ce classique est fort embelli par un thème musical sifflé de Lionel Newman. Il réunit trois personnages principaux: le premier, le Marshal Cass Silver (Robert Ryan), est un redoutable tireur faisant respecter l'ordre et la justice et qui est sur le point d'épouser la délicieuse Sally (Virginia Mayo) lorsqu'un passé trouble resurgit; le deuxième est l'abject John Barrett (Robert Middleton), un homme d'affaire cupide et malhonnête qui est prêt à tout, même à tuer, pour s'enrichir au détriment d'autrui; le troisième est Thad Anderson (Jeffrey Hunter), un jeune homme tourmenté, venu régler ses comptes avec le Marshal qui a tué son père désarmé d'une balle dans le dos, du moins le croit-il. Faute de pouvoir prouver la légitime défense, le Marshal Silver aura beaucoup de travail à faire pour persuader le jeune homme de son innocence d'autant plus qu'il est en passe de devenir aveugle au beau milieu de la tempête de violence qui s'abat sur la ville.
Ce long-métrage signé Robert D. Webb est un solide western qui analyse adroitement le comportement humain. Nous y voyons par exemple l'avidité des commerçants qui doublent les prix de leurs produits lorsque les cow-boys pleins de fric arrivent en ville, puis l'orgueil d'un Marshal en perte d'autonomie qui refuse de laisser sa place à un autre, ou la lâcheté d'une population face à la loi et à la justice par peur de perdre la fortune qui leur tombe du ciel. La réalisation de "The Proud Ones" fait montre d'une maîtrise et d'une richesse remarquable. Le film dépeint avec véracité et intensité le parcours d'un Marshal aux prises avec ses démons du passé. L'acteur Robert Ryan est magnifique dans la peau de cet homme qui représente la loi et la justice. Ce Marshal orgueilleux et diminué par une vision de plus en plus chancelante est le personnage le plus entier que j'ai vu de lui jusqu'à présent. Il est le pivot du film, et aussi sa structure. Tout comme dans le film High Noon, le représentant de la loi est un solitaire qui doit souvent faire face à des citoyens qui évaluent qui est le plus fort et lorsque la balance penche davantage du côté du truand, ils se rangent immédiatement derrière celui-ci.
La définition générale de l'image est excellente, avec des textures bien reproduites et des détails finement rendus. Les couleurs sont justes et correctement saturées. L'étalonnage de couleurs est constant. Les tons de peau paraissent naturels. Le niveau de noir est correctement ajusté, alors que les contrastes sont bien contrôlés. Vous avez le choix de regarder ce film soit en format panoramique ou plein écran. Le dynamisme de la bande-son anglaise est bon, alors que la spatialité sur les autres bandes-son est plutôt limitée. Les dialogues sont toujours nets et intelligibles. En ce qui concerne la section des suppléments, la 20th Century-Fox ne vous propose que des bandes-annonces de promotion.
Avec une mise en scène exemplaire, enrichie de la remarquable photographie de Lucien Ballard, d'une utilisation bien dosée de la violence, ainsi que de la superbe interprétation des acteurs, ce film est un indispensable pour tous les amateurs de westerns qui se respectent.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |