Famille et religion se confrontent dans un drame très carte postale au souffle épique limité. Si la prémisse annonçait un film sans grand intérêt, "The Work and the Glory: American Zion" peut accrocher entre divertissement et propagande.
La famille Steed est mormone et divisée. Joshua (Éric Johnson) préfère fuir ses proches pour s'installer avec Jessie (Emily Podleski) et se rallier aux détracteurs de ce mouvement religieux. Au grand dam de son père Benjamin (Sam Hennings) et de son frère cadet Nathan (Alexander Carroll) qui vient d'épouser la jolie Lydia (Sera Bastian). Chez ces partisans de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, la réalité des années 1830 est difficile. Le révérant Joseph Smith (Jonathan Scarfe) et ses disciples arpentent New York et l'Ohio pour trouver une terre tranquille afin de s'établir. Un rêve tournant rapidement à la chimère face à une majorité de personnes qui semble avoir peur de la différence et de la contestation du pouvoir.
Cherchant par moment à flirter avec le romantisme d'un Braveheart, "The Work and the Glory: American Zion" ne comporte pas le même pouvoir d'évocation. Le début, franchement brouillon, campe les différentes aspirations grâce à un montage habile et serré. Tout pour accrocher rapidement le spectateur qui n'a pas vu le premier volet, simplement intitulé The Work and the Glory.
Par la suite, les différents personnages peuvent exister. Entre des acteurs qui ont la gueule de l'emploi, la plupart peuvent se targuer de jouer juste. Sam Hennings est habile en père aimant pendant que Jonathan Scarfe, véritable copie de Guy Pearce, est un exemple de combativité. C'est toutefois dommage que son image de jeune premier risque de mélanger les cartes et nuit considérablement à sa crédibilité. Pour Eric Johnson, c'est la consternation. Il cherche tellement à ressembler au héros de Legends of the Fall que cela en est ridicule. Les barbus doivent-ils toujours êtres sombres, arrogants et rancuniers?
Si la voix tracée est facilement reconnaissable et que le scénario dénature les principaux éléments du livre de Gerald N. Lund, le savoir-faire du réalisateur Sterling VanWagenen est indéniable. Il montre les tournants d'une famille divisée, de la foi qui n'est pas toujours au rendez-vous en mettant un accent particulier sur "l'exode" entre les deux frères, un clin d'œil plus qu'évident à Caïn et Abel. Ce téléfilm luxueux multiplie les connotations religieuses à un rythme effarant. Il y a un Joseph, un messie sauveur qui fait des miracles, un donneur d'espoir assez charismatique capable de convaincre une masse à abandonner leur terre pour trouver un meilleur idéal. Cette dichotomie un peu aberrante et simpliste entre les gentils mormons et les méchants qui ne sont pas de la même religion se dévoile dans tous les plans. Ceux qui n'ont pas la "vraie" foi sont vils, menteurs et battent leur femme, alors que les élus sont raisonnés, chaleureux et ils n'utilisent jamais la violence. Après une excitante heure de conflits attendus, le récit se prend beaucoup trop au sérieux et se termine abruptement, sur un cynisme pas trop évident évoquant Gangs of New York.
Les décors de cartes postales sont une des raisons principales à la réussite – somme toute très relative – de ce long-métrage. Ils sont merveilleux, baignant dans une lumière constante où les teints blancs, noirs et orangés sont prédominants. Les images, généralement puissantes et révélatrices, offrent un niveau de détails plus que satisfaisants, alors que les sous-titres anglophones jaunes se lisent avec une facilité déconcertante. Un peu plus pompeuse et mielleuse est cette trame sonore cherchant à véhiculer une émotion. Au lieu de faire appel à une musique juste et évocatrice des Montréalais A Silver Mt Zion, c'est la déchéance vers les clichés absolus. L'utilisation des haut-parleurs est louable, mais en dehors des bruits d'oiseaux, il n'y a rien de très défini. En contrepartie, les voix demeurent constamment adéquates, aucun bruit strident ou d'accent démesuré ne venant heurter les tympans.
Pour rajouter au scénario couci-couça est cette pochette incroyablement typée qui mérite simplement d'être détruite. Elle montre les deux adversaires principaux avec du feu les séparant. Un peu plus et c'est un Street Figther II avec le mot "VS" (pour "versus") pour annoncer la prééminence du combat. Le menu principal reprend cette thématique en restant totalement statique et sans musique. Les deux seules icônes présentes sont le "Play" et le "Set Up". Se perdre dans ce menu est impossible, tout comme trouver le moindre supplément.
Œuvre moyenne comportant de bons moments avant de se terminer dans la farce, "The Work and the Glory: American Zion" n'a aucune autre aspiration que de divertir en évangélisant. C'est sans doute plus agréable qu'une longue matinée à la messe, mais pas tellement plus.
| Film | 5 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 6 |