Né en Égypte de parents arméniens, Atom Egoyan immigra au Canada à l'âge de trois ans. Alors qu'il étudie à l'université de Toronto, il tourne quelques courts-métrages et la CBC le remarque et l'engage. Il réalisera quelques téléfilms pour eux puis deviendra cinéaste à temps plein. Il commencera à être remarqué dans différents festivals internationaux à la fin des années 1980 et c'est avec son Exotica en 1994 qu'il est consacré remportant de nombreux prix dont celui de la Critique Internationale à Cannes. Il reviendra sur la Croisette à plusieurs reprises (The Sweet Hereafter, Ararat) et sa dernière visite en 2005 fût pour la présentation de "Where the Thruth Lies", son dernier opus qu'il venait faire découvrir au monde entier.
Dans l'opulence des années 1950, Lanny Morris (Kevin Bacon) et Vince Collins (Colin Firth), deux grands artistes, spécialistes de téléthons, trônent au sommet de la popularité, et ce, jusqu'au jour où une jeune femme sera découverte morte dans leur suite d'hôtel. Cette tragédie viendra détruire leur carrière et c'est en l'enfouissant dans leur subconscient qu'ils entameront une nouvelle carrière, chacun pour soi. Quinze ans plus tard, une jeune journaliste (Alison Lohman) s'attardera à cette mort mystérieuse et cherchera à connaître la vérité nue qui s'y cache.
Cette adaptation cinématographique du sulfureux roman de Rupert Holmes du même nom dépeint le fascinant canevas du milieu artistique des années 1950. La magnifique reconstitution d'époque aux couleurs mélancoliques sert de toile de fond à un thriller habilement ficelé. Cet hommage au genre noir, revampé à la sauce Egoyan, propose un suspense charnel et délectable mettant en évidence, selon les dires mêmes du cinéaste, le conflit propre au milieu artistique, celui de la mythologie publique face à l'histoire privée. Au canevas bucolique que nous propose le directeur de la photo Paul Sarossy, s'ajoutent une excellente trame musicale, évocatrice des époques en présence, et une épatante distribution qui sert admirablement bien l'histoire. Bref, un film splendide qui fut malencontreusement écorché par la censure et qui a dû être amputé de son climax pour satisfaire au puritanisme de la vieille garde de droite américaine. Ne craignez rien de ce côté, Sony Pictures propose les deux versions de ce film et j'ai en main la version "Unrated" qui fut présentée à Cannes, celle même qui choqua la moralité des gens de la MPAA (organisme qui octroie les côtes des films projetés aux États-Unis).
Le transfert vidéo est une pure merveille et propose une image possédant un très haut niveau de détail. Les contrastes sont profonds, les couleurs sont justes et bien saturées et aucune forme d'artefact de digitalisation n'a pu être observée. Ce transfert est certes un des meilleurs qu'il m'ait été donné de voir depuis belle lurette. Le volet sonore est tout aussi impressionnant et propose deux trames (anglais et français) de format Dolby Digital 5.1. À défaut d'être une référence de dynamisme, la trame originale est d'une justesse exemplaire et utilise très efficacement tous les canaux du cinéma maison. En résulte une très envoûtante spatialité qui nous permet de nous imprégner des ambiances d'époques. Les dialogues sont toujours clairs et justes et le mixage des trames sonore et musicale est d'une justesse chirurgicale.
En plus de nous offrir une qualité audiovisuelle de premier plan, "Sony Pictures" glisse quelques suppléments dans cette édition DVD. La pièce de résistance est la revue de tournage du film en caméra libre qui met en lumière le talent du cinéaste pour la direction artistique. Malheureusement, ses cinq minutes au compteur en font une aguiche et nous laissent nettement en appétit. Quelques scènes supprimées, d'une durée de sept minutes et plusieurs bandes-annonces complètent le tout.
"Where the Thruth Lies" est un des grands oubliés de 2005 quand vient le temps de citer les meilleurs films de cette cuvée. Atom Egoyan nous présente un film noir qui rend hommage à ce genre très populaire dans les années 1940 et 1950 en lui insufflant une touche d'érotisme qui sert admirablement bien l'histoire. Cette édition DVD est d'une qualité exemplaire et je vous la recommande, mais je ne serais pas surpris de voir apparaître dans un avenir rapproché une édition plus exhaustive dans laquelle les comédiens se confieront et laquelle pourra nous offrir une ou des trames de commentaires permettant de mieux comprendre l'œuvre de ce grand cinéaste. N'oubliez pas d'acheter la version "Unrated" si l'envie de vous procurer cette édition DVD vous prend.
| Film | 9 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 10 |
| Audio | 9 |