"Toutes nos excuses à sir Arthur Conan Doyle" peut-on lire à la fin du générique de "Without a Clue". Aucune excuse n'étant ici nécessaire puisque premièrement, le célèbre écrivain père de Sherlock Holmes possédait un sens de l'humour inné et cynique et deuxièmement, parce que le film de Thom Eberhardt constitue une parodie irrévérencieuse certes, mais aussi un hommage réussi à l'illustre détective domicilié à Londres au 221B Baker Street.
Le Dr John Watson (Ben Kingsley) est un brillant détective qui préfère demeurer dans l'ombre. Il invente donc un personnage nommé Sherlock Holmes, auquel il attribue le crédit après avoir résolu une enquête. Pour que le public puisse mettre un visage sur ce mystérieux personnage, il engage Reginald Kincaid (Michael Caine), un acteur sans grand talent, maladroit, alcoolique, et coureur de jupons. Évidemment, Watson doit constamment lui souffler quoi dire aux journalistes, réparer ses gaffes et aller le chercher au bar quand il a besoin de lui. Exaspéré des frasques de son acolyte, Watson finit par en avoir marre et le met à la porte. Malheureusement pour lui, face aux pressions du peuple qui demande qu'on lui rende son idole, Watson se voit obligé de refaire appel à ses services lorsque les plaques servant à imprimer les billets de cinq livres sterling sont volées par nul autre que le cruel Dr Moriarty (Paul Freeman), son adversaire le plus redoutable.
Tout le film repose sur les épaules de ces deux acteurs de talent que sont Ben Kingsley et Michael Caine qui campent ici des personnages à l'opposé l'un de l'autre et forment un duo comique convainquant. Caine est parfait en Holmes étourdi et inepte qui accumule les gaffes et Kingsley l'est tout autant en "straight man" au verbe acéré qui manie l'ironie et le sarcasme et qui semble toujours à la limite de l'exaspération. Il faut également mentionner la performance de Jeffrey Jones, en inspecteur Lestrade constamment dépassé par les évènements, qui suit Holmes comme son ombre en se demandant comment diable un tel idiot peut posséder des pouvoirs de déduction aussi impressionnants alors que lui ne voit jamais rien du tout. Ajoutons à cela une reconstitution d'époque étonnante ainsi que la réalisation conventionnelle, mais efficace de Thom Eberhardt qui soutiennent admirablement le récit. Le film s'essouffle un peu en deuxième moitié, mais il en aurait fallu davantage pour venir gâcher notre plaisir.
Malheureusement, le film est présenté en format plein écran. L'image est claire, sans apparence de grain et d'accentuation des contours. Les couleurs sont vives et le rendu des noirs est adéquat, mais ça reste un transfert plein écran. Honte à toi MGM. La piste audio en Dolby stéréo est passable sans plus. On note de la distorsion dans les dialogues et les voix apparaissent souvent rugueuses et discordantes. La séparation des canaux est loin d'être nette et les arrières demeurent presque entièrement muets. Décevant pour un film quand même assez récent. Les menus sont statiques, sans musique et faciles à naviguer. Rien à signaler côté suppléments sauf la bande-annonce du film.
"Without a Clue" est une comédie/parodie intelligente et inventive interprétée par des acteurs de talent. La chimie entre Ben Kingsley et Michael Caine est parfaite et vaut à elle seule le détour. Les amateurs de dialogues savoureux et d'humour "British" apprécieront encore davantage.
| Film | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 4 |