Six mois après sa sortie officielle, un nouveau DVD du film "Zodiac" voit le jour. Cette fois, l'excellent long-métrage de David Fincher se voit bonifié d'une édition "Director's Cut" avec de nombreux suppléments qui risquent de faire plaisir aux amateurs de cette sombre histoire vraie.
C'est pendant les années 1960 et 1970 dans la région de San Francisco que sévissait un sanguinaire tueur en série. Cet homme énigmatique, qui aimait bien se retrouver à la une des journaux, a tenu en haleine pendant de nombreuses années un dessinateur obsédé (Jake Gyllenhaal), un journaliste imbu de sa propre personne (Robert Downey Jr.) et un policier dévoué (Mark Ruffalo). Toujours à ce jour, la vérité n'a pas encore été faite sur ces meurtres. Et elle ne le sera probablement jamais, car le principal suspect, Arthur Leigh Allen, est décédé il y a quelques années.
Cette deuxième édition de "Zodiac" reprend exactement le même film, les mêmes images, le même son et le même menu principal que la version précédente. Ce qu'il y a de nouveau? Tout d'abord la très jolie pochette en forme de colis. Celui-là même qui est utilisé dans le long-métrage et qui contient généralement une lettre du tueur! La piste sonore francophone a également été enlevée, ce qui ne plaira pas à tous. Maintenant, il n'y a qu'une piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 et des sous-titres dans la langue de Shakespeare, de Molière et d'Almodovar.
Cette nouveauté s'adresse donc principalement aux fans de l'œuvre originale qui cherchent à obtenir le plus de bonus possible. Fidèle à son habitude, David Fincher a pensé à ces gens-là. Le premier disque de son "Director's Cut" contient deux pistes de commentaires. La première est alimentée par les mots de monsieur The Game. Elle est centrée principalement sur la réalisation, le montage des scènes, l'utilisation des silences, la signification des séquences, etc. La technique ne prend heureusement pas toute la place, car le cinéaste fait sans cesse des liens avec la réalité, expliquant ses choix pour demeurer le plus authentique possible. La seconde piste met à l'honneur le timbre vocal de Jake Gyllenhaal, de Robert Downey Jr., du producteur Brad Fischer, du scénariste James Vanderbilt et du célèbre romancier James Ellroy. Ces hommes décortiquent les meurtres avec vivacité et intelligence. Ils sautent du coq à l'âne, jouant sur les années, expliquant les motifs et les pistes envisagées, tout en demeurant alertes au travail de Fincher.
Le deuxième disque est composé d'un diptyque de suppléments. Il y a tout ce qui touche au film. Ainsi, un long segment de 55 minutes passe par toutes les étapes de la production. Même si le cinéaste ne parle jamais à la caméra, il est souvent montré en train de préparer ses scènes. Le scénariste explique ses rencontres avec l'auteur du livre Robert Graysmith, quelques comédiens traitent leur fascination pour l'histoire et de nombreuses archives sont utilisées pour faire revivre cette époque révolue. Ce qui marque les esprits est le soin apporté aux détails, la recréation de tous les éléments (robes, scènes du crime, le journal du San Francisco Chronicle, etc.) pour rendre l'entreprise plus vraie que la réalité. Un nouvel endroit parle de l'utilisation des effets spéciaux qui a permis à l'équipe de coller encore plus aux témoignages des gens en place. Cette technologie est difficile à identifier avec précision et c'est voulu ainsi. Pour admirer le travail, il est possible de voir des séquences avec et sans effets visuels. La bande-annonce originale est également disponible, et elle ne manque surtout pas de piquer la curiosité.
Il y a ensuite tout ce qui concerne les faits réels. Le segment principal est bien entendu "This is the Zodiac Speaking" qui s'échelonne sur 102 minutes! Le réalisateur et producteur David Prior fait une recréation policière des évènements, interrogeant des témoins, des policiers, des amis et des membres de la famille des victimes. Il passe tout à la loupe, faisant revivre des heures d'angoisse, cherchant à éclairer ce qui s'est réellement passé. Pour solidifier davantage sa démarche, il s'offre 43 minutes supplémentaires sur le cas du présumé Zodiac Arthur Leigh Allen en interrogeant des gens qui le pensent coupable et d'autres innocent. La qualité des sources fait la force de ces spectaculaires documentaires qui ne lèvent pourtant pas le voile sur les mystères en place.
"Zodiac The Director's Cut" est un opus implacable, qui se bonifie après chaque nouveau visionnement. La première fois, il semble bien pâle à côté des classiques de David Fincher, Seven et Fight Club. Mais plus l'œuvre est revue et plus ses trésors deviennent évidents. La mise en scène maîtrisée, le soin apporté à l'époque, la musique stressante, le déroulement de l'intrigue sans simplification outrancière, le jeu solide des interprètes : plusieurs éléments qui font de ce long-métrage une étape clé dans la carrière de son réalisateur. Et avec tous ces bonus à se mettre sous la dent, il ne manque plus que le livre de Robert Graysmith pour être au septième ciel. Ou encore une piste française pour un public qui maîtrise difficilement l'anglais...
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |